Cette bibliographie critique prend le relais de la bibliographie préparée par Lori Saint-Martin (Lectures contemporaines de Gabrielle Roy, Boréal, 1998), qui recensait les publications savantes sur l'oeuvre de Gabrielle Roy parues jusqu'en 1997. Nous reproduisons également les notices parus dans le livre de Lori Saint-Martin, que nous remercions d'avoir accepté de collaborer à ce projet. La reproduction des références commentées parues dans son livre de 1997 s'ajoute au relevé que nous proposons ici des travaux parus depuis 1998.

How do you translate "regard"? Rewriting Gabrielle Roy

Cooke, Nathalie et Lorna Hutchison. 2003. « How do you translate "regard"? Rewriting Gabrielle Roy ». In Gabrielle Roy réécrite, sous la dir. de J. Everett, Ricard F, p. 107-140. Coll. « Gabrielle Roy réécrite ». Québec : Nota Bene.

Toute traduction implique nécessairement une part de réécriture, comme l’explique, entre autres, André Lefevere. Dans ce chapitre, Lorna Hutchison et Nathalie Cooke se basent sur les théories de Lefevere pour étudier le rôle actif de Gabrielle Roy dans le processus de réécriture qu’est la traduction. Elles s’intéressent à la façon dont Roy a contribué à la traduction de ses œuvres mais aussi à la construction de son image dans les médias.

Gabrielle Roy aujourd'hui Today

Socken, Paul. 2003. Gabrielle Roy aujourd'hui Today. Saint-Boniface : Éditions des Plaines, 224 p.

Cet ouvrage, paru en 2003, marque le 20e anniversaire de la mort de Gabrielle Roy. Pour l’occasion, Paul Socken a invité dix-huit collaborateurs, vivant en Australie, en France, aux États-Unis, autant qu’au Canada anglais et français, à témoigner de l’intérêt qu’ils portent à l’œuvre de Gabrielle Roy ainsi que de son universalité. Dans cet « hommage bilingue » au désir de réconciliation et d’unification des cultures, cher à l’écrivaine, on retrouve, entre autres, des textes de François Paré, André Brochu, Alexandre Aprimoz et Lori Saint-Martin.
[par Julie Hétu]

Writing of/from the Fourth World : Gabrielle Roy and Ungava

Chapman, Rosemary. 2003. « Writing of/from the Fourth World : Gabrielle Roy and Ungava ». Québec Studies, vol. 35, no, p. 45-63. . Consulté le .

Malgré l’ampleur du corpus produit par la critique littéraire sur l’œuvre de Gabrielle Roy, relativement peu de textes se sont intéressés à la perspective postcoloniale québécoise et canadienne et à la production d’écrits québécois «minoritaires» en comparaison de l’ensemble des productions littéraires que Rosemary Chapman situe entre « the Second and the Fourth Worlds ». En tant qu’écrivaine manitobaine, Roy représente la voix de la minorité franco-manitobaine, mais cette position change lorsqu’elle décide d’écrire sur la représentation des Inuits du Nord du Québec.

Lecture et réécriture: le jeu de la critique

Marcotte, Sophie. 2003. « Lecture et réécriture: le jeu de la critique ». In Gabrielle Roy réécrite, sous la dir. de J. Everett, Ricard F, p. 141-156. Coll. « Gabrielle Roy réécrite ». Québec : Nota Bene.

Parmi les différentes pratiques et activités littéraires liées au phénomène de la réécriture, ainsi que les nouvelles façons d’aborder l’œuvre de Gabrielle Roy qui sont apparues au fil des ans, figurent l’activité de lecture et, par extension, celle de critique. Cette recherche constante de nouvelles façons d’aborder les textes et de rendre compte de leur spécificité, que Sophie Marcotte nomme le jeu de la critique, correspond à la réécriture.

« L’arbre » de Gabrielle Roy : une hirondelle d’hiver dans un chêne vert de Floride 

Jr., Thomas MCarr. 2003. « L’arbre » de Gabrielle Roy : une hirondelle d’hiver dans un chêne vert de Floride . L’Ouest. Directions, dimensions et destinations. Actes du vingtième colloque du Centre d'études franco-canadiennes de l’Ouest, octobre 2003. <http://digitalcommons.unl.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1016&context=modlangfrench>. Consulté le .

Lors de ses trois séjours en Floride entre 1957, 1968 et 1969, Gabrielle Roy compose « L’arbre », une nouvelle mettant en scène principalement deux personnages : le vieux Chêne et le Visiteur, un « composé de touristes [...] et de fidèles » en quête constante d’union avec d’autres êtres. Après avoir décrit la genèse de l’écriture de ce récit en évoquant notamment les visites de Roy en Floride, Thomas Carr décrit ce qu’il pense être le chêne vert dans la région de New Smyrna qui a servi d’inspiration à Roy pour sa nouvelle.

L'Imaginaire du corps amoureux. Lectures de Gabrielle Roy

Andron, Marie-Pierre. 2002. L'Imaginaire du corps amoureux. Lectures de Gabrielle Roy. Paris : L'Harmattan, coll. "Critiques littéraires", 258 p.

Marie-Pierre Andron étudie la thématique du corps amoureux, et particulièrement du corps féminin, dans les romans suivants : Bonheur d’occasionLa Petite Poule d’Eau, Alexandre Chenevert, La Montagne secrète et La Rivière sans repos ainsi que dans les inédits «La première femme» (1948) et Baldur (roman inachevé, non daté). La thématique du corps amoureux est centrée particulièrement sur le corps maternel et la maternité, de même que sur la sexualité : ces aspects sont donc traités en profondeur par Andron.

La traduction comme réception : les écrivaines québécoises au Canada anglais

Limitée au champ de production textuelle de la littérature québécoise en traduction anglaise, cette étude portant sur la transmission sélective soumise à la légitimation de la critique littéraire et de la traduction s’attarde à la réception de la littérature québécoise au Canada anglais et aux États-Unis.

La littérature québécoise hors Québec. Le Québec et le far-ouest canadien

Wall, Anthony. 2002. « La littérature québécoise hors Québec. Le Québec et le far-ouest canadien ». Voix et images, vol. 28, no 1, p. 182-187. . Consulté le .

Anthony Wall propose un survol des réalisations accomplies ou en cours des cinq universités les plus éloignées de Montréal et de Québec dans les départements de français, de langues romanes et de langues modernes, ainsi que dans les départements d’études culturelles. Wall donne un aperçu des activités de recherches dans les domaines suivants : études littéraires, études de la culture au sens large et études des langues et de l’acquisition d’une langue seconde.

Le devenir-anglais du texte et le rapport à l'écriture : Gabrielle Roy et Jacques Ferron

Everett, Jane. 2002. « Le devenir-anglais du texte et le rapport à l'écriture : Gabrielle Roy et Jacques Ferron ». In Jacques Ferron : le palimpseste infini, sous la dir. de Faivre-Duboz, Brigitte et Patrick Poirier, p. 277-294. Coll. « Jacques Ferron : le palimpseste infini ». Montréal : Lanctôt éditeur.

Des écrivains tels que Gabrielle Roy et Jacques Ferron se sont positionnés à l’égard de la traduction de leurs œuvres et ont laissé des traces de leurs positions et observations. Cette étude tente d’identifier les tensions entourant les enjeux, entre autres esthétiques, que ces deux auteurs attachent aux traductions de langue anglaise et aux positions des traducteurs. Roy et Ferron réagissent différemment en ce qui concerne le processus de traduction révélant de même coup deux rapports à l’écriture elle-même et au besoin d’écrire qui divergent.

Correspondance, autobiographie et journal personnel chez Gabrielle Roy

Gabrielle Roy a entretenu une abondante correspondance de quelque cinq cents lettres, entre 1947 et 1979, avec son mari, le docteur Marcel Carbotte. Deux périodes se distinguent dans cette écriture épistolaire qui offre le portrait d'une romancière qui se raconte sans jamais quitter son œuvre et ses personnages fictifs. La première période, habitée de la conscience d’écrivain, est celle du dialogue et de l’échange entre les correspondants. La seconde, s’amorçant dans les années 1950, se rapproche davantage du journal et permet à Roy de garder un contact avec l’écriture.

Mon cher grand fou... Lettres à Marcel Carbotte 1947-1979

Marcotte, Sophie. 2001. Mon cher grand fou.. Lettres à Marcel Carbotte 1947-1979. Coll. « Cahiers Gabrielle Roy ». Montréal : Boréal, 825 p.

Les lettres de Gabrielle Roy à son mari, Marcel Carbotte, constituent la plus grande partie de sa volumineuse correspondance. Sophie Marcotte a rassemblé, édité et annoté les quatre cent quatre-vingt lettres écrites par Gabrielle Roy entre 1947 (l’année de la rencontre et du mariage entre la romancière et le médecin) et 1979 (le moment où Gabrielle Roy subit son premier accident cardiaque et où elle cesse de voyager). Les lettres de Marcel Carbotte ne font pas partie du recueil.

Contacts avec les autres : un aperçu autobiographique de deux soeurs, Gabrielle Roy et Marie-Anna Roy

Urbas, Janet. 2001. Contacts avec les autres : un aperçu autobiographique de deux soeurs, Gabrielle Roy et Marie-Anna Roy. Dix-neuvième colloque du Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest : Francophonie et langue dans un monde divers en évolution.

C'est une étrange profession que nous avons choisie, Gabrielle, ou plutôt qui nous a choisies : la correspondance avec Margaret Laurence

Fisher, Martine. 2000. « C'est une étrange profession que nous avons choisie, Gabrielle, ou plutôt qui nous a choisies : la correspondance avec Margaret Laurence ». In Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac, nouvelle inédite de Gabrielle Roy, sous la dir. de Ricard, François et Jane Everett, p. 131-144. Coll. « Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac, nouvelle inédite de Gabrielle Roy ». Québec : Nota bene.

La correspondance de Gabrielle Roy et Margaret Laurence, rédigée en anglais par ces deux écrivaines, comprend un ensemble de 32 lettres dont la question de la création et du parcours personnel de la femme artiste est le sujet central. Elle s’étend sur une période de sept ans, soit de février 1976 à janvier 1983, et cela à une cadence de plus en plus espacée témoignant du manque de temps de ces professionnelles de la plume.

De l'élitisme à la célébration. La femme-artiste dans l'oeuvre de Gabrielle Roy

Saint-Martin, Lori. 2000. « De l'élitisme à la célébration. La femme-artiste dans l'oeuvre de Gabrielle Roy ». In Trajectoires au féminin dans la littérature québécoise (1960-1990), sous la dir. de Joubert, Lucie, p. 213-233. Coll. « Trajectoires au féminin dans la littérature québécoise (1960-1990) ». Québec : Nota bene.

Toute l’œuvre de Gabrielle Roy met en scène des jeunes femmes ambitieuses qui refusent le destin féminin traditionnel et rend compte, de manière exemplaire, du trajet de la femme-artiste, tiraillée entre la soif d’universalité et son expérience de femme. Le caractère exemplaire de la démarche de l’écrivaine réside dans sa vision lucide des angoisses de la femme-artiste et dans son portrait de l’artiste en mère. Gabrielle Roy fait de la réflexion féministe moderne une tâche essentielle et cela la conduit à repenser la répartition symbolique des rôles hommes et femmes.

Les soeurs ennemies, Gabrielle et Adèle Roy

Éloignées l’une de l’autre par ce qui les rapproche – à savoir la guerre du bien et du mal, du réel et de la fiction, du don et de l’égoïsme –, les deux sœurs ennemies que sont Gabrielle et Adèle Roy partagent une passion malheureuse dont l’enjeu est davantage moral qu’esthétique. Cette étude des relations orageuses entre les deux sœurs s’effectue en trois temps. D’abord, par l’examen de la perspective d’Adèle, marquée par un profond désir d’autojustification et d’autoencensement et des sentiments puissants de désillusion, d’envie et de profonde injustice face à la réussite de sa sœur.

La correspondance, un tour d’horizon

Hamel, Sébastien. 2000. « La correspondance, un tour d’horizon ». In Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac nouvelle inédite de Gabrielle Roy, sous la dir. de et EVERETT, François RICARD Jane, p. 115-129. Coll. « Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac nouvelle inédite de Gabrielle Roy ». Québec : Nota bene.

Sébastien Hamel propose une présentation sommaire de la correspondance échangée par Gabrielle Roy parallèlelement à son œuvre, correspondance qu’il divisera en six catégories arbitraires, selon les destinataires : les intimes, les amies, les collègues et amis écrivains, les relations d’affaires et tous autres échanges ponctuels.

Glück im Sonderangebot (Louis Hémon und Gabrielle Roy)

von Stackelberg, Jürgen. 2000. « Glück im Sonderangebot (Louis Hémon und Gabrielle Roy) ». In Gegendichtungen. Fallstudien zum Phänomen der Literarischen Replik, p. 63-65. Coll. « Gegendichtungen. Fallstudien zum Phänomen der Literarischen Replik ». Tübingen : Niemeyer.

Gabrielle Roy's Correspondence : An Epistolary Autobiography?

Marcotte, Sophie. 2000. « Gabrielle Roy's Correspondence : An Epistolary Autobiography? ». West Virginia Philological Papers, vol. 46, no, p. 56-63.

Les lecteurs assidus de la correspondance et de l’autobiographie de Gabrielle Roy peuvent constater que ces deux types d’écriture sont chez elle intimement liés. Partant de cette constatation, Sophie Marcotte entame une réflexion sur la relation entre les genres autobiographique et épistolaire et, plus précisément, sur la possibilité de considérer la correspondance de Roy avec son époux, le docteur Marcel Carbotte, comme une forme d’« autobiographie épistolaire ».

L'édition des inédits : du manuscrit au texte virtuel

Marcotte, Sophie. 2000. « L'édition des inédits : du manuscrit au texte virtuel ». In Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac nouvelle inédite de Gabrielle Roy, sous la dir. de et EVERETT, François RICARD Jane, p. 145-159. Coll. « Gabrielle Roy inédite, suivi de La maison rose près du bac nouvelle inédite de Gabrielle Roy ». Québec : Nota bene.

Les textes inachevés de Gabrielle Roy, figurant dans le corpus des inédits, se caractérisent par leur non-linéarité, leur absence de point d’ancrage, leur aspect fragmentaire ou ouvert et la relation qu’ils entretiennent avec les autres textes de l’écrivaine et ceux d’autres auteurs. Ils répondent ainsi à la définition d’hypertextualité et semblent, selon Sophie Marcotte, réfractaires à une publication traditionnelle qui ne rendrait pas justice à ces textes et à leur éclatement.

La critique devant les inédits

Brochu, André, Gilles Marcotte, Ginette Michaud et Lori Saint-Martin. 2000. « La critique devant les inédits ». In Gabrielle Roy inédite, suivi de « La maison rose près du bac », nouvelle inédite de Gabrielle Roy, sous la dir. de Ricard, François et Jane Everett, p. 163-187. Coll. « Gabrielle Roy inédite, suivi de « La maison rose près du bac », nouvelle inédite de Gabrielle Roy ». Québec : Nota Bene.

André Brochu, Gilles Marcotte, Ginette Michaud et Lori Saint-Martin répondent à la question du profit espéré devant les inédits de Gabrielle Roy. André Brochu souligne le culte que vouait Gabrielle Roy au travail fini et l’intérêt de ses nombreuses correspondances. Ne valorisant pas le fragmentaire, il croit trouver dans les inédits d’abord et avant tout des ébauches qu’il suppose que l’écrivaine aurait considérées comme impropres à la publication.

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