Bonheur d’occasion et les avatars du réalisme
Titre | Bonheur d’occasion et les avatars du réalisme |
Type de publication | Chapitre de livre |
Année de publication | 1993 |
Auteur·e·s | Tufte, L |
Éditeur | Carlsen, J |
Titre du livre | Literary Responses to Arctic Canada |
Ville | Lund |
Éditeur | The Nordic Association for Canadian Studies |
Pages | 153-165 |
Texte complet | Jusqu’ici, la critique s’est peu souciée d’établir la taxinomie du réalisme royen. Or, un examen de la position de l’instance narrative révèle une «multiplicité générique» (p. 159) intéressante. Si Bonheur d’occasion se situe pour l’essentiel dans la continuité du réalisme classique du XIXe siècle français (narrateur distant et détaché qui contemple de haut la scène, ton objectif), il s’en démarque dans la mesure où le lecteur est continuellement invité à s’émouvoir du sort des personnages (il n’y a donc pas la «détonalisation du message» dont parle Philippe Hamon). On se rapproche donc du roman populiste (intérêt pour le peuple et pour le langage parlé, compassion, voire attendrissement, face au sort des défavorisés, situations parfois folkloriques ou mièvres) et de l’œuvre populaire mélodramatique (ton larmoyant, emphase excessive, un peu à la manière des Misérables). Le roman est donc «une synthèse — totalement réussie ou non, cela reste à déterminer — de près d’un siècle de l’histoire du roman à tendance réaliste et sociale» (p. 162). Demeure, par rapport aux classes populaires, une certaine distance, du fait que l’auteure «ne peut pas se libérer de sa propre origine dans la petite bourgeoisie déclassée» (p. 158), à l’instar d’ailleurs de plusieurs romanciers populistes à l’attitude paternaliste. [source: Saint-Martin, L. (1998). Lectures contemporaines de Gabrielle Roy: bibliographie analytique de la critique (1978-1997), Montréal, Boréal.] |